Des lecteurs me reprochent d’avoir parlé, ( billet précédent du 30/09/21 à propos de la victoire des talibans, de « retour du Moyen Âge ». Des universitaires de Perpignan se disent par exemple « froissés par cette identification trop habituelle du Moyen Âge à la barbarie et à l’obscurantisme ». Inutile de barguigner : ces lecteurs ont raison. Je charge la nouvelle direction de La Croix de s’excuser de ma part auprès du Moyen Âge, qui a toutes les raisons de se sentir injustement calomnié. Voilà ce que c’est, de reprendre la plume après des vacances trop arrosées (je parle de la pluie) : on a la plume injuste. À ce propos, et puisqu’on en parle, ces mêmes professeurs de Perpignan me font cette admonestation : « Si Alain Rémond avait mis à profit son été morose pour relire, par exemple, des historiens comme Georges Duby et Jacques Le Goff à propos de la condition des femmes, en particulier, peut-être se serait-il abstenu de ce raccourci facile et réducteur. » Je confesse, en effet, ne pas avoir mis à profit mon été morose pour relire Georges Duby et Jacques Le Goff (ni, d’ailleurs, Régine Pernoud et Jacques Heers, comme me le conseille une autre lectrice). Je l’ai mis à profit pour marcher au bord de la mer (entre deux averses), manger avec des amis, jouer avec mes petits-enfants, passer du temps avec mes enfants, écouter Anne Queffélec en concert. Vais-je prendre l’engagement de m’amender l’été prochain ? Je crains hélas que non. J’en demande pardon par avance au Moyen Âge.

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