Moi Président

 

A droite comme à gauche, ces jours-ci, ça frétille, ça pétille, ça se tortille : alors, j’y vais ou j’y vais pas ? Je parle de la présidentielle, bien sûr. Je rassure nos lecteurs (et, à travers eux, tous les citoyens français) : cet ef­froya­ble suspense, qui nous empêche quasiment de dormir, va bientôt prendre fin. D’ici à quelques semaines, on devrait savoir qui se sent spécialement qualifié pour devenir président de la République. Ben oui, quoi, pourquoi pas moi ? Pourquoi pas, en effet. Il faut bien qu’il y en ait qui s’y collent. Le Covid, le Mali, l’Afghanistan, l’urgence climatique, les défis énergétiques, les fractures sociales, la dette publique : pas de problème, hop, je prends ! J’ai un plan. J’ai des idées. J’ai des solutions. On parlera, au choix, de courage, de culot ou d’inconscience. Disons qu’il faut avoir non seulement une certaine idée de la France, mais surtout une certaine idée de soi-même. Moi, président ? Je veux ! Et pas qu’un peu ! Au fil des mois, on verra qui tiendra le coup, qui se fera éliminer, qui lâchera l’affaire. Personnellement, en tout cas, ça m’épate. Se réveiller un beau matin et se dire : ce sera moi, je me sens cap ! Faut aimer les emm…, pardon, les ennuis. Ce qui est dommage, je trouve, c’est le gâchis. Parce qu’au final il n’en restera qu’un (ou une). Et tous les autres se retrouveront désœuvrés, au chômage. Tous ces talents inemployés, c’est une pitié. On ne pourrait pas tous les élire d’un coup ?

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