Mine de rien


Avant le jour de la possiblement probable grève générale, le gouvernement n’avait qu’une obsession : déminer. C’est-à-dire identifier puis désamorcer préventivement toutes les mines qui risquent de lui exploser à la figure. Parce que si, le 5 décembre, il n’est pas parvenu à déminer tous les champs de mines qui minent notre beau pays, il aura bonne mine. Encore peut-il s’estimer heureux qu’il n’y ait plus de mineurs en France, pour cause de fermeture des mines. Parce que dans le genre durs de durs, quand ils décidaient une grève, les gars de la mine se posaient un peu là. Quant à une possible grève des autres mineurs, j’ai nommé les gars et les filles de moins de 18 ans, difficile de prévoir si, dans la foulée des marches pour le climat, ils afficheront une mine déterminée. Ou si, au contraire, un brin désabusés, préoccupés par la réforme du bac et tout le reste, ils arboreront une mine de papier mâché. Car les soucis, ça mine le moral. Et si c’est pour faire une manif qui ne paye pas de mine, autant rester couché. Telle est donc la France, à la veille du 5 décembre : minée par les problèmes de toutes sortes, prête à bloquer tous les transports, avec un gouvernement qui feuillette fébrilement tous les manuels de déminage et qui essaye, envers et contre tout, d’afficher sa bonne mine, comme quoi il sait ce qu’il fait et où il va. Et qui voudrait nous convaincre que, franchement, la France, ce n’est tout de même pas la mine.

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