Rien n'est simple

Tout juste après avoir rendu public son « plan d’urgence pour l’hôpital », aussitôt critiqué par à peu près tout le monde, Emmanuel Macron va tenter d’expliquer aux Français (et d’abord à lui-même) sa vaste réforme des retraites, à laquelle personne, jusqu’ici, ne comprend strictement rien. C’est du boulot, d’être président de la République, c’est rien de le dire. Il faut réformer mais pas trop, rassurer mais prendre des risques, faire preuve d’audace mais savoir temporiser, il faut contenter Pierre, Paul, leurs parents, leurs oncles, leurs cousins et leurs petits-enfants, qui, bien entendu, ne pensent pas la même chose. Tout ça pour, au final, se faire conspuer dans les manifestations par des gens qui ne sont d’accord sur rien, sauf pour dire qu’ils ne sont absolument pas d’accord avec tout ce qu’on propose. Pour se consoler, Emmanuel Macron pourra toujours méditer sur le sac de nœuds que doit affronter Boris Johnson, en vue des prochaines élections législatives. Voici le résumé de la situation par la correspondante du Monde, qui se demande si Boris Johnson a des chances de les remporter : « Cela dépendra de sa capacité à compenser les voix des conservateurs modérés qu’il risque de perdre (au profit des démocrates libéraux) par celles des brexiters de 2016 – les fidèles du Labour ou ceux tentés par le Brexit Party de 2016 – qui se rabattront sur le vote Tory pour obtenir le Brexit. » La réforme des retraites, à côté, c’est de la rigolade.

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